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Titre du blog : Versepélès
Auteur : Versepello
Date de création : 13-08-2011
 
posté le 25-03-2020 à 19:49:15

L' Ecorce Rouge Partie 5



            L' Ecorce Rouge

                    Partie 5

Musique conseillée : Kingdom of Bards d’ Adrian Von Ziegler

 

 

 

 

Plus tard dans la matinée. Freiya balayait les feuilles mortes devant sa maison, son moral était au plus bas, l'air enjoué et nature qu'elle avait d'habitude avait disparu.
Sa maison était la première à l'entrée du village, et en regardant en direction de la forêt, elle aperçut une silhouette qui marchait au loin.
*
Elle du placer sa main devant son front pour l'observer, car l'homme qui arrivait vers elle avait le soleil dans le dos. Il portait une armure, mais il semblait blessé car il marchait lentement, et chancelait parfois.
Elle plissa les yeux pour mieux l'observer alors qu'il avançait. Elle ne parvenait pas à voir son visage. De longs cheveux bruns aux reflets rouges lui tombaient sur les épaules. Il avait un corps mince mais très sculpté, musculeux. D'où elle le voyait son armure ne ressemblait à aucune autre qu'elle ai vue. Il semblait porter des peaux de bêtes autour de la taille et des mollets.  
Il chancela encore une fois puis s'écroula et resta à terre, inanimé.
Freiya jeta son balais et accouru vers lui.

La plupart des hommes du village s'étaient réunis en dehors des habitations, sur la colline au bas de laquelle étaient installées plusieurs pierres de dolmens.  
Le chef Kentiern avait la parole, tentant d'avoir un peu d'autorité :
-Nous avons perdu l'un des nôtre, nous devons accepter leur proposition si nous voulons survivre. Nous allons donc traquer cet animal sauvage, chaque groupe ira à tour de rôle.
Un villageois intervint :
-Pourquoi accepter ? Pourquoi toujours s'incliner ?
-Un autre lui répondit :
-Tu veux faire tuer ma fille !? Ils n'ont pas encore pris tes enfants mais ils ont pris les nôtres !
Cette phrase fut suivie par un silence général.
Le druide pris alors la parole :
-D'une part, cet animal est dangereux pour nous aussi, c'est un prédateur d'Homme,
et d'autre part, si nous l'abattons nous pouvons espérer voir revenir vos enfants.


Au village, Freiya était aller trouver Baren précipitamment, elle le tirait par le bras :  
-Viens vite ! un homme s’est écroulé à l’entrée du village !
Baren et Freiya arrivèrent autour de l’homme toujours à terre et immobile. Baren l'observa, il avait des grandes taches de sang séché sur son corps, et des blessures encore fraîches, il remarqua son armure étrange faite de cuir, qui lui protégeait la poitrine et les épaules, et les peaux de bêtes qui lui servaient de pagne et de bottes. Il apercevait son visage à travers ses longs cheveux bruns qui retombaient en bataille. Mais tout cela ne lui rappelait aucun souvenir :
-D’où il sort ? Je ne l’ai jamais vu.
Freiya, comme au bord d'une crise de nerfs :
-Il est blessé ! aide moi à le transporter ! Si l’armée le trouve ils le tueront !
Baren :
- On ne sait pas qui c’est … Bon, d'accord… Ce n'est pas un arkénien de toute façon.
Baren le prit par dessous les bras et Freiya le saisit par les jambes. Alors qu' ils portaient l'homme tous les deux, il lui fit remarquer: 
- Toi alors, toujours prête à aider même les inconnus.

Sur la colline, les villageois écoutaient le druide :
-Enfin, si nous le trouvons, nous aurons certainement droit à quelques privilèges.
Un autre villageois, énervé, dit :
-Oui et si nous désobéissons, ils reviendront tuer d'autres d'entre nous ! Ou prendre d'autres otages !
Le chef intervint :
-Prendre les enfants des vaincus en guise de collaboration est une pratique courante chez les arkéniens. Ils les auraient pris de toute façon.
Le druide, avec son sourire artificiel, ajouta :
-Oui, mais cet bête sauvage est une aubaine, en quelque sorte.


Freiya et Baren installèrent l’inconnu sur un lit dans une maison.
Freiya :
-C’était la maison du vieux Dagan, elle n’est plus utilisée depuis longtemps.
Les deux jeunes observaient l'inconnu évanoui. Il était jeune mais un peu plus âgé qu'eux, il n'avait pas un visage rude comme la plupart des chasseurs ou des vagabonds, son visage était presque délicat, bien qu'anguleux, ce qui dénotait une certaine nervosité, sa silhouette longiligne aux muscles saillants produisaient le même effet. Il était pâle, ses blessures encore rouges étaient prêtes à se rouvrir, son corps formé à l'école de la nature semblait avoir donné ses dernières forces.
Baren :  
- Il a l’air fort… En tout cas, ce n'est ni un soldat de l'Empire ni un soldat de Belsia. Et cette armure bizarre... Je n'en ai jamais vues comme celles là.
Il réfléchit puis ajouta :
-On ne dit à personne qu'on l'a trouvé ?
Freiya :  
-Je voulais n'en parler qu'a toi, mais comment va-t-on le soigner nous mêmes ?


Le druide était perdu dans ses pensées devant l'entrée de sa maison.
Une voix l' appela, il se retourna.
Baren et Freiya l’attendaient pour lui montrer l’homme qu' ils avaient caché dans la maison.

La porte de la vieille maison s'ouvrit, et le druide entra.
Il écarquilla les yeux, surpris et effrayé par la vision de cet étranger allongé et immobile sur le lit.
Puis il l'examina en silence, pendant que Baren et Freiya attendaient derrière lui, inquiétés par ce silence.
Le druide se retourna brusquement vers eux, en colère :
-Sortez d'ici ! attendez moi dehors, et pas à mot à quiconque !

Baren et Freiya attendaient dehors.
Baren, très agacé par cette réaction :
-Qu'est ce qu'il a encore ce sale vieux !?
Freiya pensive et inquiète :
-On aurait peut être rien du lui dire...
Baren, souriant et confiant :
-En tout cas, ce type à l'air vraiment fort ! S'il se rétabli, il pourra nous aider à traquer l'animal sauvage ! Tu as vu  les peaux de bêtes sur lui ?  c'est certainement un chasseur.
 Freiya ne savait pas trop quoi en penser :
-...Peut être...

Un peu plus tard, le druide sortit de la maison. Il s'essuya les mains, et dit sur un ton sec :
-J'ai pensé l'essentiel de ses blessures.
Les deux jeunes gens attendaient avec appréhension la suite de son explication :
Baren :
-Il va s'en sortir alors ?
Le vieil homme s'approcha d'eux avec une fureur dans ses yeux surmontés de ses sourcils broussailleux:
-Vous deux... Ce que vous avez fait est grave! Prendre une décision sans mon consentement!
Dorénavant je vous interdit de vous approcher de cette maison ! Ne dites à personne que vous avez vu cet homme ! Surtout pas aux autorités !
Les deux jeunes interloqués et intimidés ne purent répondre qu'un :
-Mais...
Il leur coupa la parole :
-Il n'y a rien à ajouter ! Oubliez cette histoire !


Le druide était rentré chez lui, assis à sa table, la main tremblante, s'apprêtant à prendre une tasse. Il la bu d'un trait. Reposant sa tasse, il pensait à ce qu'il venait de se passer, son regard était rempli d'effroi.